Black Out

Création 2011 - 40 min

 

 

Passage de la lumière à la nuit, de la vie à la mort, marée noire ou pluie de cendres… Black Out, de Philippe Saire est une réussite magistrale qui se regarde d’en haut, un tableau mouvant de lumière, de muscles et de poussière de caoutchouc.  

Julien Burri, L’Hebdo, Suisse.

 

Après des oeuvres marquées par la théâtralité, Philippe Saire renoue ici avec la plénitude du mouvement et témoigne de son attachement ancien au dessin.
Ici, la matérialité à l’oeuvre dans Lonesome Cowboy (création 2009) est au centre du dispositif, sous la forme d’un sol granuleux noir, composé de milliers de fragments dans lesquels les mouvements des danseurs viennent laisser leur trace et composer, à l’intérieur de l’oeuvre chorégraphique, une oeuvre plastique.
Bien qu’une trame dramaturgique reste présente, comme toujours chez Philippe Saire, le chorégraphe entend donner à ses préoccupations graphiques la priorité sur la construction d’une base narrative. Ici la danse touche à l’intime et offre une vision en surplomb au spectateur, qui assiste à une oeuvre en train de se faire.
À la frontière entre danse, arts performatifs, et arts plastiques, la pièce englobe dans son espace le spectateur, saisi par l’intensité du mouvement dans la matière noire. Ces images de retour aux origines, de régression, voire d’éloge à notre part d’ombre dont le diktat contemporain de la surexposition nous éloigne, induisent chez le spectateur un rapport sensuel, presque physique et tactile à cette composition mouvante, faisant du temps de la représentation une véritable expérience.

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